Sélectionner une page
Thèse professionnelle sur l'impact du Digital sur la médecine préventive

Si vous souhaitez connaître les dernières tendances sur le rôle potentiel du Digital pour optimiser l’impact de la médecine préventive en France, n’hésitez pas à télécharger ma thèse sur le sujet

Télécharger la thèse

Si vous voulez connaitre en moins de 5mn les principaux sujets abordés dans ma thèse, n’hésitez pas à  visionner ce film.

Résumé de ma thèse sur l’impact du Digital sur la Médecine Préventive

 

A l’heure où le digital s’est peu à peu intégré dans le système de Santé français, tant coté Patient, avec l’émergence du « Quantified Self », via les objets connectés, les applications, site web et groupes spécialisés sur les Réseaux Sociaux, que coté praticiens, en particulier pour le traitement de maladies chroniques, nous constatons que le système de soins français reste essentiellement basé sur de la médecine curative. 

Or, ces solutions, avec l’appui de la Donnée de Santé, peuvent également permettre une amplification sans précédent du poids de la médecine préventive dans notre système de Santé, permettant à terme de potentielles économies conséquentes sur les dépenses curatives, tout en améliorant la durée de vie en bonne santé de nos concitoyens.  

Dans cette thèse, nous avons étudié le potentiel du Digital de « faire bouger les lignes » de la médecine préventive en France, sous différents aspects.  

Nous avons tout d’abord, dans une première partie, voulu analyser l’état du secteur de la Santé et comprendre les tendances du préventif sur ce dernier : position des pouvoirs publics, position du corps médical et position des laboratoires pharmaceutiques, en analysant les initiatives liées à la prévention et regardant comment le digital était intégré ou pas à leur démarche. Cette analyse nous a également permis de refaire le point sur les assets digitaux disponibles pour ces acteurs, pour estimer leur potentiel à être clé pour le préventif.  

Dans une seconde partie, nous nous sommes concentrés sur les acteurs qui « bousculent » l’ordre établi, en commençant par les patients, au « cœur du réacteur » de cette évolution, et en analysant la position des grands acteurs du Web (les GAFA) et des startups du monde du digital focalisées sur le préventif, sans oublier certaines positions en rupture d’acteurs traditionnels comme La Poste ou les mutuelles et assurances.  

Enfin, la dernière partie a été l’occasion de faire des recommandations, à l’ensemble des acteurs pour faire en sorte que le préventif devienne clé avec le concours du digital.  

En synthèse, cette approche amènera des gains considérables sur le long terme sur les coûts de la médecine curative et sur la vie en bonne santé des patients, mais demande des évolutions de démarche importante de l’ensemble des acteurs de l’écosystème de Santé. Il faudra s’armer de patience pour que les chantiers à mener soient effectifs et amènent les optimisations escomptées.

Synthèse des recommandations

 

L’analyse de la situation sur notre territoire est sans équivoque.

Pour que la médecine préventive prenne une place beaucoup plus importante et permette ainsi d’optimiser la durée de vie en bonne santé de nos concitoyens, tout en réduisant les coûts de la médecine curative, des évolutions structurants sont à mettre en place : 

  • Une utilisation en masse de la Donnée de santéest indispensable par l’ensemble des acteurs de la chaîne : le patient, les laboratoires, le corps médical et les industriels (startups, GAFA, mutuelles, assurances et autres acteurs industriels). Elle doit donc être partageable, anonymisée et sécuriséeCela implique : 
  1. Que l’État assouplisse l’accessibilité aux donnéesde Santé de ses bases médico-administratives, y compris à des entités à but lucratif, pour promouvoir des initiatives de prévention de ce type d’acteurs. Bien entendu cette mise à disposition doit se faire avec des assurances sur la sécurisation et la garantie de l’anonymisationde ces données par ces acteurs. Il faudra observer de près les conclusions de la mission « Health Data Hub», qui doit rendre ses conclusions fin Septembre 2018 pour optimiser la richesse de ces données et en faciliter l’exploitation.
  2. Que les acteurs du monde privé puissent s’engager sur un usage respectant la déontologiede l’utilisation de ces données, même dans des buts commerciaux de vente de solutions de prévention auprès des patients. Sur ce point, les efforts d’acteurs comme les GAFA et leur capacité d’adaptation à des règles strictes sera clé.
  3. Que les patients puissent disposer de garanties extrêmement fortes de la part de ces acteurs pour donner un consentement éclairé sur l’utilisation de leurs données et qu’elles seront bien anonymisées pour des usages de politique de santé public. 

  • Le corps médical doit être accompagné, afin de prendre le virage du digital et du digital préventif. Dans cette perspective, une évolution de leur mode de rémunération vers une approche « forfaitaire »,a minima pour des pathologies bien ciblées, les encouragera fortement à adapter leur mode de fonctionnement et intégrer plus fortement le préventif dans leur démarche. On notera sur ce point une décision importante communiquée par Emmanuel Macron le 18 Septembre 2018, qui a annoncé le lancement d’une rémunération forfaitaire des soins hospitaliers sur deux pathologies chroniquesIl sera également nécessaire de revoir leur mode de formation pour intégrer le digital, tant durant le cursus initial de médecine que tout au long de leur carrière. A plus court terme, il est également indispensable de mettre en place les incitations à utiliser le DMP(Dossier Médical Partagé) de manière quasi systématique, pour disposer d’une information du parcours de soin patient digitalisée et partageable. 

  • L’approche doit être « Patient Centric», car ce dernier est d’ores et déjà acteur de sa santé, avec ses capacités d’« empowerment » apportées par le Digital. Pour une politique de prévention efficace sur le long terme, l’ensemble des acteurs devront donc adapter leur stratégie pour optimiser l’observance des traitements ou des comportements permettant de maintenir les meilleures chances de vie en bonne santé. 

Pour cela, il sera essentiel que les acteurs utilisent les outils qui optimisent ladite observance, avec des méthodes de profilagedes patients et un accompagnement humain indispensable, en complément des différents outils digitaux activables. 

Des mécanismes de challenges, d’entraide et d’accompagnement seront également à intégrer à la démarche. Il faudra enfin adapter la communication auprès des patients, car la communication autour d’un risque potentiel n’est pas la même que celle d’une pathologie existante. Les discours anxiogènes seront donc à proscrire. 

  • Des partenariats sont clés entre corps médical, institutions, secteur privé (acteurs du web ou acteurs industriels), pour que la prévention puisse avoir l’envergure nationale qu’elle doit avoir.

A date, les initiatives restent encore trop morcelées et les échelles restent limitées. Seule une approche globale permettra des retombées d’envergure.

C’est à ce prix que des technologies d’avenir, comme l’Intelligence Artificielle ou la Blockchain pourront participerau développement massif du préventif.

 

  • Les pouvoirs publics doivent être prêts à investir plus fortement, en particulier sur l’accompagnement financierde ces dispositifs digitaux de prévention.

Certes ce type de politique va amener des investissements plus importants aulancement, avec des ROIs très supérieursaux délais habituellement admis pour la prise en charge par l’Assurance Maladie.

Ce point est un des points les plus complexes, compte tenu des contraintes budgétaires connues, mais c’est le prix d’une diminution des dépenses curatives sur le long terme et des potentielles économies associées.

Un appui sur les mutuelles sera un outil complémentaire à activer pour supporter une partie de ces coûts. Ces dernières auront également un rôle direct à jouer dans la mise en place de politiques de prévention auprès de leurs clients, avec l’aide du Digital. 

A ce stade, le constat est clair, les changements sont possibles, mais cela suppose un nombre d’évolutions, voire de révolutions conséquentes auprès de l’ensemble de l’écosystème.

Cela demandera donc de la patience, mais c’est à ce prix que « le digital pourra bousculer les lignes de la médecine préventive en France ».

Thèse professionnelle "Le Digital peut-il faire bouger les lignes de la médecine préventive en France?"

Si vous êtes intéressé(e)s par le détail de l'avancement de l'écosystème de santé autour du Digital et de la médecine préventive, n'hésitez pas à télécharger la version complète de ma thèse